31/12/2008

Meilleurs Vœux de Bonne et Heureuse Année 2009

Voyage en Afrique – Décembre 2008 – Femmes au puits - Village d’OUFOU au MALI

Je vous souhaite à tous une très bonne et heureuse année 2009 avec tous mes vœux de bonne santé.

Que 2009 vous apporte Paix, Force et Joie et que nous sachions agir collectivement pour enrayer la marche désastreuse de notre planète afin que nos enfants et petits enfants puissent y vivre un futur souhaitable.



28/12/2008

Pays Dogon sur FR2 - Lundi 5 janvier 2009 à 20H30


Les enjeux de l’expédition

Suspendu au-dessus du désert malien, c’est dans un univers minéral que vivent les Dogon, un peuple qui a toujours fasciné les ethnologues et les voyageurs...

Au cœur de l’Afrique de l’Ouest se cache un autre monde : le pays Dogon.
Suspendu au-dessus du désert malien, c’est dans un univers minéral que vivent les Dogon, un peuple qui a toujours fasciné les ethnologues et les voyageurs.
Spectaculaires, mystérieux, énigmatiques… Des fantasmes qui, aujourd’hui encore, se mêlent à la réalité pour décrire une culture complexe.
Comment aller au-delà des clichés ? Et que veut dire être Dogon au XXIème siècle ? C’est ce qu’Édouard Baer et Frédéric Lopez ont tenté de comprendre en allant à leur rencontre et en vivant avec eux pendant 2 semaines…

Il y a plus de 600 ans, les Dogon ont trouvé refuge sur un site extraordinaire : la falaise de Bandiagara. Cette corniche haute de 200 mètres s’étire sur plus de 200 kilomètres au beau milieu du Sahel. C’est là, dans les éboulis, que les Dogon ont creusé la roche et bâti de véritables citadelles. Mais vivre ici relève de l’exploit. Brûlée par les vents du Sahara, sous des températures frôlant les 45°C, la terre des Dogon a tout d’un enfer. Pour survivre, ils ont dû composer avec ces conditions extrêmes.

Les Dogon ont même accompli l’exploit de devenir agriculteurs dans une région où l’eau manque cruellement et où la terre est quasiment inexistante. Comment ? En fabriquant de toutes pièces de véritables oasis posées sur la rocaille. La terre, ils vont parfois la chercher loin de leur village pour venir la disposer soigneusement dans des petites parcelles délimitées par des cailloux. Quant à l’eau, c’est Marcel Griaule, ethnologue français, qui a trouvé une première solution. En 1950, il est à l’origine de la mise en place du premier barrage qui permet de retenir l’eau indispensable à l’arrosage des cultures. Mais les sources se tarissent et les Dogon sont aujourd’hui obligés de transpercer la roche pour trouver l’eau.

Depuis plusieurs années, les conditions de vie au pays Dogon sont en effet de plus en plus difficiles. Nombreux sont les jeunes qui partent dans les grandes villes du Mali ou jusqu’en Côte d’Ivoire pour trouver un emploi et gagner l’argent qui aidera leur famille restée au pays. Temporaire il y a quelques années, cet exode est aujourd’hui souvent définitif. Le plateau et les éboulis de la falaise de Bandiagara se dépeuplent et les 700 000 Dogon se dispersent peu à peu.

Cette situation complexe, les 300 000 touristes qui viennent au pays Dogon chaque année l’ignorent. Ils viennent ici en quête de l’exotisme et de l’authenticité tant vantés par les écrits de certains ethnologues et les nombreuses agences de voyage. Pourtant, la culture Dogon ne cesse d’évoluer. Au contact des étrangers et des autres cultures qu’ils côtoient au quotidien, de plus en plus de jeunes délaissent les croyances et les valeurs traditionnelles. L’avenir du peuple Dogon est entre les mains de cette génération. C’est à elle de relever un nouveau défi, celui d’améliorer le sort de tout un peuple, sans le renier…

Fr2 - Lundi 5 janvier à 20h30
Les Dogons et E.Baer inaugurent les soirées sans pub

Pour la première de ses soirées sans publicité, France 2 propose de découvrir le pays Dogon à travers le regard d'Edouard Baer, dans un nouveau numéro, remarquable de qualité, de "Rendez-vous en terre inconnue".

L'humour et la curiosité du comédien Edouard Baer, la générosité et l'humanisme de ses hôtes Dogons et la fascination qu'exerce la culture de ce peuple africain créent une alchimie presque parfaite: l'intérêt ne faiblit jamais pendant les deux heures de l'émission.

"Rendez-vous en terre inconnue" veut faire découvrir aux téléspectateurs un peuple lointain, dont la culture et les traditions sont menacées par un mode de vie moderne.

Cette découverte s'effectue via le regard d'une personnalité, qui accepte de s'envoler pour une destination qu'il découvre une fois dans l'avion. Edouard Baer passe donc deux semaines dans la famille d'Ama Ibé, un chef de clan de 78 ans. Il participe aux repas, aux travaux agricoles, aux veillées...

Les Dogons vivent dans des conditions extrêmes au coeur du Mali et constituent l'une des sociétés les plus secrètes d'Afrique. Lors d'une expédition sur la falaise de Bandiagara, corniche haute de 200 mètres et longue de 200 kilomètres, Edouard Baer résume leur mode de vie d'une voix incrédule: "ces gens réussissent l'impossible".

Ils cultivent du mil, des oignons et du tabac là où rien ne devrait pousser, avec un engrais qu'ils vont chercher dans des tombes vieilles de plusieurs siècles et perchées à des dizaines de mètres au-dessus du sol. Les Dogons fascinent les ethnologues... et les touristes.

Depuis quelques années, des circuits intégrant la visite de villages Dogons sont organisés, et la question du tourisme est abordée, sans manichéisme ni angélisme. Si Ama Ibé "préfère rester au fond de (sa) grotte plutôt que de danser pour de l'argent", l'un de ses fils, plus jeunes, dit sa souffrance de ne pas avoir pu aller à l'école faute d'argent.

Car l'argent du tourisme permet aussi de construire écoles et dispensaires. L'émission aborde également l'aggravation de la sècheresse ces dernières années, l'organisation sociale, la primauté du groupe sur l'individu, les tabous.

Frédéric Lopez et Edouard Baer assistent aussi au rendez-vous annuel de la pêche sacrée et à une cérémonie mortuaire exceptionnelle. Enfin, la rencontre entre la famille d'Ama Ibé et Edouard Baer est le ciment de cette émission enthousiasmante.

Le comédien français est un Candide curieux mais plein de tact, dont l'humour répond à celui, malicieux, des Dogons.

Comme cinq les numéros précédents, ce "Rendez-vous..." est produit par "Bonne Pioche", à qui l'on doit "La marche de l'empereur".


24/12/2008

Une rencontre inattendue à SEVARE le 20 décembre 2008


Alors que prend fin notre séjour au Mali après un trek en Pays Dogon et que nous nous apprêtons à rendre visite à la célèbre cité historique de Djénné, quelle n'est pas ma surprise d'apercevoir dans le hall de l'Hôtel Flandre de Sévaré mon collègue et ami professeur à l'Université Blaise Pascal Mamadou Traoré de Clermont Ferrand. Après les effusions de circonstance nous échangeons nos motifs de présence sur Sévaré et évoquons nos missions respectives; Mamadou est en fait originaire de Sévaré qui l'a vu grandir et fréquenter l'école jusqu'au lycée. Il vient rendre visite à son père qui vit encore dans cette ville.
Que l'Afrique est petite !!!


Plus de Papiers - SONG TAABA (Clip)

Plus de Papiers - SONG TAABA (Clip)

Super Clip d'ADAMA qui je crois va faire un tabac !

08/12/2008

Mes livres préférés

  • Gao XINGJIAN : La montagne de l'âme
  • Sylvain DARNIL et Mathieu LE ROUX : 80 hommes pour changer le monde
  • Marie-Hélène et Laurent de CHERISEY : Passeurs d'espoir
  • Ella MAILLART : Oasis interdites
  • Fabienne VERDIER : Passagère du silence
  • Amadou HAMPÂTE BÂ : AMKOULLEL : l'Enfant Peul
  • Amadou HAMPÂTE BÂ : Oui mon Commandant
  • Gérard MESSADIE : Ramses II L'Immortel
  • Jean MALAURIE : Les derniers rois de Thulé
  • Jean RECHER : Le Grand Métier
  • Laurence de la FERRIERE : Seule dans le vent des glaces
  • Bernard MOITESSIER : Tamata et l'Alliance
  • Slavomir RAWICZ : A marche forcée
  • Bernard OLLIVIER : Longue Marche
  • Eric ORSENNA : Voyage aux pays du coton
  • Eric ORSENNA : Madame Bâ
  • Eric ORSENNA : L'avenir de l'eau
  • Fernand BRAUDEL : La Dynamique du Capitalisme
  • François-Xavier VERSCHAVE : La Maison-Monde : Libres leçons de BRAUDEL
  • François-Xavier VERSCHAVE : De la Françafrique à la Mafiafrique
  • Shan SA : La joueuse de go
  • Dai SIJIE : Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
  • François CHENG : L'éternité n'est pas de trop
  • Ellen Mac ARTHUR : Du vent dans les rêves
  • Fatou DIONE : Le ventre de l'Atlantique
  • Hubert HUERTAS : L'orque de Magellan
  • Sonia et Alexandre POUSSIN : AFRICA TRECK
  • Aminata TRAORE : Le viol de l'imaginaire
  • Joseph Ki-ZERBO : A quand l'Afrique
  • Joseph Ki-ZERBO : La natte des autres
  • UNESCO : Histoire Générale de l'Afrique
  • Michel SERRE : Récits d'Humanisme
  • Edgar MORIN : Introduction à la pensée complexe
  • Edgar MORIN : La Voie
  • Joseph E. STIGLITZ : Un autre monde
  • Joseph E. STIGLITZ : Quand le capitalisme perd la tête
  • Muhammad YUNUS : Vers un nouveau capitalisme
  • Edgard PISANI : Un viel homme et la terre
  • Edgard PISANI : Le sens de l'Etat
  • Philippe LUKACS : Stratégie pour un futur souhaitable
  • Geneviève FERONE : Relever ensemble les défis écologiques de la planète
  • Jean Christophe RUFIN : Katiba
  • François HOLLAND :  Le Rêve Français 
  • Olivia Recasens : L'espion du Président

04/12/2008

Premier pas d'AUBIERE vers ROLLO, au Burkina Faso

Cliquer sur l'article ci-dessous de La Montagne pour l'agrandir.


Vous pouvez visionner l'émission de FR3 réalisée sur ce jumelage AUBIERE-ROLLO :


video

Une Expo pour présenter ROLLO aux Aubièrois

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AUBIERE jumelée avec ROLLO

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03/12/2008

Je repars en Afrique pour 16 jours, au Burkina Faso et au Mali

Je serai accompagné de 3 amis pour qui ce sera la première expérience africaine.
La feuille de route consiste à rendre visite à deux villages jumelés avec mon groupe LACIM - Clermont - Champfleuri :
KANGARE au Burkina Faso et OUFOU au Mali.
Nous y évaluerons l'avancée des projets déjà réalisés et les voies dans lesquelles LACIM continuera à apporter son soutien aux villageois.
Je serai de plus porteur d'un projet de jumelage entre les communes d'AUBIERE dans le Puy-de-Dôme et de ROLLO dans la province du BAM, à 160 km au Nord de OUAGADOUGOU.
Une partie de notre séjour sera consacré au tourisme équitable dans le Pays Dogon.
Vous pouvez consulter notre planning en cliquant ici.
Peut-être trouverais-je le temps et un cyber-café pour alimenter ce blog avec les anecdotes du voyage.

22/11/2008

Energies : le futur à contre-courant

L'humanité est au bord de la panne de courant. Mais elle continue à s'agiter et à consommer les énergies fossiles par milliards de tonnes, feignant de croire ses ressources inépuisables. Le charbon par exemple, par ailleurs champion en matière de pollution, devrait se tarir dans cent trente ans. Idem à plus courte échéance pour le gaz et le pétrole. Inquiétant quand on sait que, dans moins de deux décennies, avec l'émergence de l'Inde et de la Chine, la demande d'énergie va doubler. Cette situation tendue risque de provoquer de violentes crises entre différentes parties du monde. Un changement radical s'impose donc dans nos habitudes de consommation et dans les politiques menées, notamment dans une Europe très dépendante du reste de la planète en matière énergétique.

(France, 2008, 90mn)
ARTE F
Réalisateur: Claude Lahr

Visionnez la vidéo disponible sur le site d'ARTE en cliquant sur le lien suivant :
http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2306616,scheduleId=2277790.html

11/11/2008

SANTÉ PUBLIQUE 2,5 milliards de personnes restent privées de sanitaires fonctionnels : une question taboue.

29 octobre 2008

L'accès aux toilettes, enjeu mondial de

développement






ANDHI estimait que le développement des sanitaires était un objectif plus important que l'indépendance. L'Inde s'est émancipée de la férule britannique, mais un Indien sur trois seulement a aujourd'hui accès à des toilettes décentes. Et près de 700 000 intouchables continuent à les curer à la main. Dans les zones rurales, moins de la moitié des écoles disposent de latrines. Cette réalité, l'économiste franco-indienne Shyama Ramani (INRA-Ecole polytechnique) l'ignorait, avant le tsunami de 2004.

Emue par la catastrophe, cette spécialiste de la théorie des jeux décide de monter un projet humanitaire de long terme. « Sur place, je me suis rendu compte qu'il y avait suffisamment d'argent pour l'urgence. J'ai donc organisé un voyage d'étude pour des femmes de Kameshwaram, un village loin de tout, afin de déterminer avec elles quelle infrastructure leur paraissait la plus utile », raconte-t-elle. Elle a été surprise par leur réponse, unanime : « Des toilettes, comme à l'université ! »

A Kameshwaram, comme dans le reste de l'Inde rurale, faute de latrines, la population défèque dans les champs ou dans la forêt. Pour sauvegarder leur dignité, les femmes attendent la nuit ou l'aube. Outre les problèmes gynécologiques et digestifs, « elles peuvent faire des mauvaises rencontres, se faire mordre par des serpents ou piquer par des scorpions », rappelle Mme Ramani.

La chercheuse, avec des étudiants de Grenoble et Besançon, a tenté de répondre à leurs voeux en créant l'association Friend in Need (www.friend-in-need.org). Il leur a d'abord fallu faire une étude de marché, pour trouver la technologie la mieux adaptée à cette région souvent inondée. L'Ecosan, un système écologique développé par un ingénieur britannique, qui sépare urine et fèces et permet leur recyclage, a remporté leur suffrage. Trois cent cinquante ont été installés au profit des 1 400 familles de Kameshwaram.

ABRIS POUR LES CHÈVRES

La surprise, c'est que ces installations sont utilisées par tous, femmes et hommes. « C'est notre grande réussite », estime Mme Ramani : trois ans après le tsunami, la moitié des latrines mises en place par les grandes ONG n'étaient à l'inverse plus utilisées. « Certains en font des abris pour des chèvres, d'autres des échoppes pour vendre des DVD », explique-t-elle.

C'est là que la théorie des jeux a fait son office. « La motivation est très importante. Il ne suffit pas de payer pour les briques, il faut aussi des stratégies d'incitation », affirme-t-elle. Notamment pour vaincre les réticences des hommes, qui voyaient les WC comme une « menace pour leur virilité ». En plus des rituels pour invoquer la déesse de la terre lors de la pose des fondations, elle a imaginé un concours portant sur la tenue et l'innovation des toilettes, doté d'un prix représentant un mois et demi de salaire. Condition de participation : que les hommes utilisent ces commodités. Le contrôle social au sein du village a alors fait merveille ... « Les toilettes sont un instrument qui donne énormément de pouvoir aux femmes, au-delà de leur impact sanitaire », insiste Mme Ramani.

« Ce qui m'a semblé le plus intéressant durant cette année passée en Inde, témoigne Antonin Benyacar, un des étudiants de Mme Ramani, c'est l'idée de «rupture sociale». Comment est-on passé de villageois assez hostiles aux toilettes à des personnes qui les utilisent presque toutes, les considèrent comme une avancée sociale et sanitaire et les recommandent à leurs proch es ? » Aujourd'hui, Kameshwaram fait figure de village modèle, propre à inspirer d'autres expériences.

Cette ingénierie humaine, fondée sur des « savoirs tacites », Mme Ramani espère bien pouvoir la transposer sur d'autres terrains, en Afrique notamment. Mais elle reste scandalisée par le retard de l'Inde, dont les élites n'ont que tardivement pris la mesure du problème. « Ce sont les véritables coupables. Nous lançons une sonde vers la Lune, mais nous n'avons pas de solution pour des toilettes fonctionnant de façon satisfaisante dans les bidonvilles », s'insurge-t-elle.

Hervé Morin

Un expert du climat appelle à " un sursaut de l'homme "

12 novembre 2008
Le glaciologue Claude Lorius sera le premier Français à recevoir le prix Blue Planet. Il avoue au " Monde " son pessimisme quant à la capacité de l'homme à répondre à la crise climatique






Claude Lorius. NICOLE TIGET/CNRS/AFP

Vers un traité international pour la protection de l'Arctique

La présidence française de l'Union européenne a lancé un appel, lundi 10 novembre, à Monaco, pour un renforcement de la coopération scientifique internationale dans l'Arctique, un premier pas vers une protection de cette région. " Il faut qu'il y ait un système de recherche unifié ", a indiqué Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, lors d'une conférence internationale organisée conjointement avec la principauté monégasque.

L'Arctique fait l'objet de nombreux programmes mais " ces recherches ne sont pas coordonnées ", a souligné le ministre. " Il n'est pas imaginable qu'il y ait des données scientifiques connues et non partagées, a-t-il estimé. Nous allons mettre les moyens nécessaires pour qu'il y ait ce réseau mondial d'informations. "

Les scientifiques espèrent que ce soutien politique pourra donner un nouvel élan à la recherche au-delà de l'Année polaire internationale, qui s'achève en mars. Contrairement à l'Antarctique, l'Arctique n'est pas protégée par un traité international. Le Parlement européen s'est prononcé en octobre pour l'adoption d'un tel texte. - (AFP.)



Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius doit recevoir, mercredi 12 novembre, à Tokyo, le prix Blue Planet, l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre. Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste... Sur les CFC - chlorofluorocarbures - , on voit bien que l'arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d'ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd'hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment...

Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu'on va subir un réchauffement : on prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne vois pas que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance.

Poussant jusqu'au bout la logique d'un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd'hui le retour d'une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d'années... Aujourd'hui, c'est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s'altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l'analyse des bulles d'air emprisonnées dans la glace, c'est que désormais l'homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

Rapide, irréversible... Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l'homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l'effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement...

C'est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s'amplifieront, mais l'homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c'est que nous entrons dans une nouvelle ère, l'anthropocène, où pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'homme gouverne l'environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu'il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

Une nouvelle ère ?

L'idée n'est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C'est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l'anthropocène à l'augmentation des concentrations en CO2 telle que l'a montrée l'analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L'occupation des sols, l'utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d'agressions à la planète qui relèvent de l'homme et le menacent.

Pour le réchauffement climatique, la question de l'énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d'énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd'hui que la courbe d'augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d'énergie, elle, n'a aucune raison de plonger !

Si l'homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?

Pour le coup, ce n'est pas mon domaine de compétence... Je ne sais pas. Et c'est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s'en sortir. Le problème majeur est la question de l'énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment... Regardez le Grenelle de l'environnement ! C'était un bel effort, mais au final, il n'y a pas l'argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n'est pas en habillant Total en vert qu'on va changer quoi que ce soit.

N'existe-t-il pas de possibilité d'un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l'état d'équilibre, or cet équilibre n'existe pas. C'est un terme trompeur. Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.

Propos recueillis par Laurent Carpentier

© Le Monde

10/11/2008

Une expérience concluante pour 80 villages africains

11 novembre 2008
DÉVELOPPEMENT PROJET VILLAGES DU MILLÉNAIRE




A-T-ON TROUVÉ la formule magique pour éradiquer la grande pauvreté et la malnutrition en Afrique subsaharienne ? Sans aller jusque-là, l'étude d'un think tank britannique, l'Overseas Development Institute (ODI), conclut qu'une expérience pilote menée depuis juin 2006 dans une dizaine de pays du continent noir donne des résultats " impressionnants ", mais qu'il sera difficile de l'élargir à l'échelle du continent.

Le projet villages du millénaire (PVM) est né d'un constat : les huit engagements pris au Sommet du millénaire des Nations unies de septembre 2000 (réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour d'ici à 2015 ; faire baisser des deux tiers la mortalité infantile ; généraliser l'éducation primaire...) ne seront pas atteints en Afrique subsaharienne. Les objectifs ne sont pas hors de portée, mais les moyens manquent, plaide depuis longtemps l'économiste Jeffrey Sachs, directeur de l'Institut de la terre à l'université Columbia de New York. D'où l'idée d'investir massivement sur un nombre limité de villages, pour prouver que le sous-développement n'est pas une fatalité.

Lancé en juin 2006, le PVM concerne aujourd'hui un demi-million de personnes vivant dans 80 communautés villageoises réparties dans dix pays africains - du Mali à l'Ethiopie, du Nigeria au Malawi. " Ce qui est important, c'est d'investir massivement dans des villages intégrés en privilégiant l'agriculture et l'alimentation, la santé et l'éducation (...), et en laissant de côté, au moins dans un premier temps, les relations entre ville et campagne et les réformes institutionnelles ", résume Kent Buse, coauteur de l'étude qui fait un premier bilan du PVM.

Le projet de M. Sachs, piloté sur place par les agences de l'ONU, privilégie les technologies modernes éprouvées, a recours à du personnel qualifié et ne lésine pas sur les moyens financiers : l'investissement annuel est de l'ordre de 120 dollars (93 euros) par habitant. Il court sur cinq ans.

L'étude menée par ODI porte sur les villages de quatre pays africains. " Partout, on a des résultats impressionnants au bout de deux ans à peine. La fourniture de semences subventionnées et d'engrais a dopé les rendements agricoles, la distribution gratuite de moustiquaires a fait chuter de moitié le taux de paludisme ", écrit M. Buse.

Généraliser l'expérience s'annonce difficile, nuance le think tank britannique, notamment du fait du manque de main-d'oeuvre locale qualifiée. Où trouver les infirmiers, les instituteurs, les agents agricoles qui iront porter la bonne parole dans quelque 110 000 villages de l'Afrique rurale ?

Le manque de personnel médical est particulièrement criant. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'il en faudrait 4,2 millions supplémentaires en Afrique et en Asie.

Jean-Pierre Tuquoi

© Le Monde

Il existe un monde où l'économie est au service de l'émancipation et non de l'aliénation


7 novembre 2008

Mon microcrédit ne connaît pas la crise





Carte blanche

Caroline Fourest

Il existe un monde où l'économie est au service de l'émancipation et non de l'aliénation, où le crédit coule à flots. On compte même plus de prêteurs que d'emprunteurs... Un monde où l'économie virtuelle est au service de l'économie réelle, des entrepreneurs, et où l'on ne prête qu'aux pauvres. Dans ce monde, Internet est au service de la solidarité et non de la haine ou de la rumeur. Ce n'est pas une utopie. C'est une réalité. L'économiste bangladais Muhammad Yunus, Prix Nobel, l'a rêvé parmi les premiers.

Des hommes comme Jacques Attali et Planète Finance ont beaucoup fait pour concrétiser cette idée simple mais révolutionnaire. D'anciens présidents comme Bill Clinton ne jurent plus que par lui. C'est le microcrédit. Un micro-exemple de tout ce qui peut nous inspirer en période de crise.

Cette utopie en marche, on la rencontre notamment sur www.kiva.org. Je m'y suis connectée il y a un an, dans l'idée de prêter 25 dollars. J'ai bien regardé la liste des demandeurs, sélectionnés et rencontrés (en vrai) par les relais de Kiva. J'ai parcouru leurs photos, pris connaissance de leur histoire et de leurs besoins avant de choisir à qui j'avais envie de prêter ma modeste somme. A peine trois minutes passées à remplir mon panier et à donner mon accord bancaire par Paypal (autant que pour commander un livre sur Amazon). Cette ligne sur mon relevé bancaire, je ne l'ai pas vue passer. Mais Maria Elena l'a vue arriver. Elle avait besoin de 575 dollars pour acheter une nouvelle machine à coudre et développer son magasin de couture à Huancayo, au Pérou. Aucun dossier à monter auprès d'une banque, ni mesure " prudentielle " ni défaut de liquidités. En quelques heures, grâce à 16 autres donateurs (Nina, Scott, Charly...), Maria Elena tenait son prêt. Son atelier s'est développé. Il fait vivre sa famille et d'autres femmes. En moins d'un an, Maria nous a remboursés. Depuis, j'ai recliqué pour reprêter cette somme au moins dix fois. Ces 25 dollars ont fait le tour du monde. Patience, une Nigériane de 53 ans, a pu acheter de nouvelles statuettes pour sa boutique d'art africain. Nisrine, une Libanaise de 31 ans, a renouvelé le stock de son magasin dans la plaine de la Bekaa. Une famille de Tanzanie a pu ouvrir une échoppe vendant des légumes et du charbon. Une autre se lance dans le recyclage au Pakistan.

Le monde de Kiva est très concret. Le site prélève un micro-pourcentage (10 %) sur votre don pour faire fonctionner sa structure, réduite au minimum. Une dizaine de personnes coordonnent le site et cherchent des demandeurs. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le plus difficile pour Kiva n'est pas de trouver des donateurs (ils affluent), mais de faire connaître cette source de liquidités potentielles à des hommes et des femmes loin de toute technologie. Le réseau peut compter sur un réseau mondial d'ONG, dont les bénévoles rencontrent tous les jours des micro-entrepreneurs qui auraient besoin de cet argent pour gagner en autonomie.

Cette solidarité ne se fait pas sur le mode de la charité, mais sur celui du prêt solidaire. Le microcrédit est donc aussi un lieu où se réinventent les rapports Nord-Sud. Vous pouvez choisir la région que vous souhaitez aider en priorité. Que vous ayez un lien avec l'Asie ou que vous préfériez l'Afrique. Le Moyen-Orient est très prisé. Des donateurs américains horrifiés par les dégâts commis par leur gouvernement peuvent directement prêter à des micro-entrepreneurs en Irak, en Afghanistan et en Palestine. Dès qu'un projet solide est mis en ligne, les entrepreneurs de ces régions trouvent des donateurs en quelques heures. Surtout s'il s'agit de femmes. Car Kiva rééquilibre aussi les rapports hommes-femmes. Vous pouvez choisir le genre de ceux à qui vous souhaitez prêter en priorité. Le Nord étant plus féministe que le Sud, la plupart des donateurs préfèrent aider des femmes souhaitant accéder à leur autonomie. Il y a aussi des groupes de donateurs qui recherchent des entrepreneurs par affinités. Des donateurs chrétiens qui veulent donner en priorité à des entrepreneurs chrétiens, des écologistes du Nord qui cherchent à encourager un développement non polluant au Sud...

En deux ans, grâce à 354 000 donateurs, le site a permis de réaliser 68 000 prêts d'une valeur moyenne de 450 dollars. Le montant global d'argent prêté s'élève à 48 millions de dollars. Ainsi va Kiva. Loin de ce monde où ceux qui voulaient importer les subprimes cherchent des boucs émissaires pour éviter l'autocritique, loin de ce monde où l'on peut se dire socialiste à l'international mais continuer à liquider la puissance publique et à déréguler le marché du travail au plan national, loin de ce monde où les ultralibéraux traitent déjà de protectionnistes ceux qui souhaitent simplement réhabiliter l'Etat protecteur, loin de ce monde où l'on fait croire que les emplois aidés de la droite (destinés à créer de la flexibilité pour les entreprises) sont les mêmes que ceux de la gauche (qui luttaient contre le chômage des jeunes en inventant de nouveaux postes et des services via le tissu associatif), loin de ce monde où certains disent vouloir refonder le capitalisme quand ils ne veulent que le corriger, où d'autres disent vouloir l'abattre au lieu de contribuer à le refonder pour de vrai, loin de ce monde et de ses postures obligées, il existe un autre monde. Celui d'une microéconomie solidaire. Elle ne pourra jamais remplacer la macroéconomie et ses contraintes, mais l'histoire de son utopie devenue réalité contient quelques leçons à méditer.

Caroline Fourest

est essayiste et rédactrice en chef de ProChoix.

© Le Monde

15/10/2008

La crise risque d'aggraver la situation alimentaire

16 octobre 2008 .
AGRICULTURE 923 millions de personnes touchées par la faim dans le monde en 2008




22 PAYS VULNÉRABLES

PAYS CONCERNÉS :

selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 89 % des personnes souffrant de la faim vivent en Asie ou en Afrique. Vingt-deux pays sont notamment vulnérables à la flambée des prix en raison de sous-alimentation chronique, ainsi que d'une forte dépendance vis-à-vis des importations de produits pétroliers et de céréales. Il s'agit de l'Erythrée, du Niger, des Comores, du Botswana, du Liberia, du Burundi, de la Sierra Leone, du Zimbabwe, de l'Ethiopie, de la Zambie, de la République centrafricaine, du Mozambique, de la Tanzanie, de la Guinée-Bissau, de Madagascar, du Malawi, du Rwanda, du Kenya, du Tadjikistan, du Cambodge, de la Corée du Nord et d'Haïti.

AIDE ALIMENTAIRE :

selon le Programme alimentaire mondial (PAM), l'aide internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis quarante ans, alors que de plus en plus de pays ont besoin d'une aide d'urgence.

La faim gagne du terrain. Actuellement, 923 millions d'humains en souffrent dont 75 millions de personnes supplémentaires en 2008, en raison de l'envolée des prix agricoles et du pétrole. C'est le bilan que dresse l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), à la veille de la Journée mondiale de l'alimentation, fixée jeudi 16 octobre.

Cette aggravation de la sous-alimentation n'est peut-être qu'un début. " Ce que nous avons vécu cette année, avec les émeutes de la faim, n'était pas une crise, mais une alarme. Si crise alimentaire d'ampleur mondiale il y a, elle est devant nous ", estime Abdolreza Abbassian, économiste à la FAO. Car les marchés agricoles restent tendus, et la crise financière risque d'aggraver la situation.

Des signes d'amélioration sont pourtant perceptibles. La récolte 2008-2009 va battre des records. Selon la FAO, la production mondiale de céréales devrait augmenter de 2,8 %, notamment grâce à l'extension de la culture du blé. Ces perspectives ont permis une baisse des prix depuis six mois sur les marchés mondiaux qui avaient atteint des sommets au printemps.

RÉGLEMENTATION DE LA SPÉCULATION

Et après ? Rien n'est sûr. " A la moindre mauvaise récolte, les prix flamberont. Comme rien n'a été fait, nous ne sommes pas à l'abri d'une succession de crises alimentaires ", estime Hervé Guyomard, économiste à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). " Est-on prêt pour une nouvelle augmentation de prix à l'avenir ?, interroge M. Abbassian. Je crains que non, alors que l'impact sera certainement encore plus fort pour les pays pauvres. "

La crise du printemps a permis de prendre conscience des erreurs du passé et de tomber d'accord sur quatre nécessités : investir dans l'agriculture, promouvoir l'autosuffisance alimentaire de chaque pays - et donc les cultures vivrières -, miser sur les exploitations familiales pour assurer l'alimentation des plus pauvres, pour la plupart paysans, et développer des modes de production durable.

Mais, sur les raisons mêmes de l'envolée des cours, il n'y a pas consensus : le rôle des agrocarburants ou ceux de la spéculation et des changements des modes alimentaires dans les pays émergents font toujours débat. Par conséquent, aucune décision n'a été prise par la communauté internationale qui, en outre, n'a pas honoré ses engagements financiers. " Même si la production augmente, le véritable problème est celui des revenus et de l'accès des plus pauvres à la production ", estime François Danel, directeur général de l'ONG Action contre la faim.

Le problème risque même d'être amplifié par la crise financière. Car pour assurer la sécurité alimentaire mondiale d'une population qui croît, il faut investir. Or les fonds publics risquent désormais de manquer pour, par exemple, développer à moyen terme l'agriculture africaine et, dès cette année, pour financer l'aide alimentaire, craignent les organisations non gouvernementales (ONG).

A court terme, c'est donc sur les agriculteurs des pays développés qu'il faut compter pour augmenter la production. Mais rien ne dit qu'ils relèveront le défi si le crédit se raréfie et que l'achat de semences et de fertilisants s'avère impossible. De plus, faute de crédits, " les pays pauvres auront du mal à financer leurs importations de denrées ", redoute Abdolreza Abbassian.

Selon de nombreux experts, pour éviter une crise alimentaire majeure à venir, il faudra réduire la volatilité des prix, plus inquiétante que les cours élevés pour les consommateurs des pays pauvres comme pour les producteurs. La solution pourrait être d'utiliser des stocks régionaux afin de remettre de la marchandise sur le marché en cas de déséquilibre entre l'offre et la demande. Jusqu'ici, c'est le rôle qu'avaient joué les stocks européens et américains, avant que ces outils de régulation disparaissent.

Sur ce point, la crise financière pourrait s'avérer bénéfique. Même si, ces dernières semaines, elle a occulté la crise alimentaire, elle a aussi fait ressurgir l'idée d'une régulation mondiale. Sur la scène alimentaire, le débat avait émergé au printemps. L'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri), basé à Washington, qui estime nécessaire une coordination mondiale, avait ainsi appelé à la réduction et à la stabilisation des prix grâce à la mise en place d'une réglementation de la spéculation et de stocks de céréales publics partagés. Mais les nombreuses voix qui s'étaient élevées alors semblaient inaudibles.

Laetitia Clavreul

© Le Monde

Une pensée d'un ami qui est fier d'être votre ami

En ce jour anniversaire de l'assassinat de Thomas SANKARA, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour cet homme, leader emblématique qui incarna la révolution burkinabé, luttant contre l'impérialisme des puissances coloniales. Que serait aujourd'hui le Burkina Faso et l'Afrique s'il avait pu continuer son œuvre en profondeur ?

Il est vrai qu'il a commis des erreurs mais le contexte international de l'époque y est pour quelque chose.

Les orientations qu'il a impulsées dans son pays sont encore aujourd'hui perceptibles et nous devons le considérer comme un grand homme.

Je garde en souvenir la façon dont il tenait tête à Mitterrand, ses intervention à l'assemblée générale de l'ONU.

Aller sur le site de afrik.com

http://www.afrik.com/article15437.html

Amitiés,

23/09/2008

Eradiquer la malnutrition

24 septembre 2008

Il est urgent de concrétiser les promesses faites après les émeutes du printemps



A lors que s'ouvre la session plénière de l'ONU dédiée à l'examen de l'avancée des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), il est désormais clair que la situation socio-économique d'une partie croissante de la population mondiale empire. Les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) l'attestent : " Le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté au cours de la seule année 2007 de 75 millions, atteignant le chiffre de 925 millions. "

Il faut rappeler que 19 millions d'enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère dans le monde aujourd'hui. Combien seront-ils demain si nous n'agissons pas très vite ? L'espoir de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim est-il encore réaliste ?

Les " émeutes de la faim ", en avril, ont mobilisé un temps les décideurs. Des promesses ont été faites, les engagements se sont multipliés. En pratique, nous avons assisté à de nombreux mécanismes de redéploiement ou à des réorientations budgétaires, mais les efforts financiers nouveaux pour faire face à ce fléau ont été peu nombreux.

En mai, Action contre la faim a lancé un appel à la création d'un fonds mondial de lutte contre la faim. Dans le même temps, s'inspirant en partie des grands principes de ce fonds, un groupe interministériel français, sur cette question de la crise alimentaire, a permis de faire émerger un projet de partenariat mondial pour l'alimentation et l'agriculture qui comporte trois piliers.

Le premier est la création d'une coordination internationale permettant d'assurer une meilleure cohérence des politiques mondiales et des actions locales pour la sécurité alimentaire. Le second propose la création d'un groupe international d'experts sur la sécurité alimentaire. Le troisième est un fonds ou une " facilité " permettant de lever des fonds additionnels. Ce partenariat mondial comprend de nombreuses innovations prometteuses, mais nous y voyons aussi un certain nombre de réserves ou de points de vigilance.

Tout d'abord, la part accordée à l'enjeu vital de lutte contre la malnutrition nous paraît bien faible. Les initiatives en faveur du développement des agricultures locales sont essentielles, mais n'oublions pas l'urgence qui tue un enfant toutes les cinq secondes ! Des millions d'autres enfants portent à vie les séquelles d'un apport nutritionnel insuffisant durant les premiers mois de leur vie.

La solution doit être immédiate et requiert des moyens importants. Ne l'oublions pas sous couvert des nécessaires réformes des politiques agricoles. Les autres points de vigilance concernent l'architecture du Partenariat mondial. Il est crucial que la société civile et les ONG soient représentées avec un poids suffisant au sein de la coordination du Partenariat. Les modalités de cette représentation seront donc un véritable enjeu.

250 MILLIONS D'EUROS

Le deuxième pilier prévoit la mise en place d'un groupe d'experts qui aurait notamment un rôle de sentinelles comme a pu le faire le GIEC sur les enjeux environnementaux. Pour que cette fonction s'exerce pleinement, il est fondamental que cet organe soit le plus autonome possible et délié des agences existantes.

Enfin, l'hébergement de la Facilité à l'intérieur du Fonds international pour le développement de l'agriculture ne nous semble pas pertinent. Cette solution peut permettre d'initier la démarche, mais il nous semble qu'une entité distincte faciliterait l'apport de fonds nouveaux, notamment en provenance de fondations privées.

Il reste que la création de cette Facilité (ou de ce Fonds) est une bonne mesure. Mais, pour qu'elle voie le jour, ce sont les ressources financières qui manquent ! Le rôle de la France est déterminant. Les experts estiment qu'il faut rassembler une somme de 250 millions d'euros pour que cet outil puisse fonctionner. Il nous paraît essentiel que le gouvernement français s'engage sur les 50 premiers millions, de nature à faire boule de neige.

Le président Nicolas Sarkozy a tenu un discours volontariste à Rome en juin puis au G8 au Japon pour promouvoir ce Partenariat mondial. Il faut que les décisions budgétaires soient à la mesure de l'esprit de solidarité annoncé !

François Danel

, directeur général d'Action contre la faim ;

Yvonnick Huet,

directeur général d'Agrisud International ;

Philippe Levêque,

directeur de Care France.

© Le Monde

Pour une sécurité alimentaire mondiale

24 septembre 2008
Les initiatives prises pour lutter contre la faim dans le monde ne doivent pas déboucher sur de nouveaux déséquilibres Nord-Sud





Lors de la séance inaugurale de la Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire à Rome le 3 juin, j'indiquais que " la solution structurelle au problème de la sécurité alimentaire dans le monde, c'est l'accroissement de la productivité et de la production dans les pays à revenu bas et à déficit vivrier. Cela suppose des solutions novatrices et imaginatives. Il faudra développer des accords de partenariat entre, d'une part, les pays qui ont des ressources financières et, d'autre part, ceux qui ont des terres, de l'eau et des ressources humaines. Ainsi seulement sera-t-il possible d'assurer des relations internationales équilibrées pour un développement agricole durable ".

S'il faut reconnaître, avec satisfaction, que de nombreuses initiatives ont été prises récemment dans ce sens en Amérique latine, en Afrique, en Asie et en Europe de l'Est, les modalités de leur mise en oeuvre dans certains cas sont un motif certain de préoccupation et exigent l'adoption rapide de correctifs appropriés. En effet, certaines négociations ont abouti à des relations internationales déséquilibrées pour une agriculture mercantile de court terme.

L'objectif devrait être la création de sociétés mixtes dans lesquelles chaque partie apporterait une contribution en fonction de son avantage comparatif. L'une assurerait le financement, la capacité de gestion et la garantie d'un marché pour les productions. L'autre fournirait les terres, l'eau et la main-d'oeuvre. Les complémentarités dans l'expertise technique, économique, comptable, fiscale et juridique ainsi que la connaissance de l'environnement écologique, social et culturel constitueraient le socle solide d'un partage des risques et des bénéfices dans une coopération de longue durée.

Ce que l'on constate cependant, c'est une propension à l'appropriation par l'une des parties de ce qui aurait dû être l'apport de l'autre partenaire. Achat de terres et baux de longue durée semblent avoir la préférence des investisseurs étrangers. Même dans certains pays où la terre est un bien comme un autre, objet d'échange et de spéculation ou refuge contre l'érosion monétaire, les revendications et protestations des travailleurs agricoles et des populations indigènes ne sont pas rares.

Dans d'autres, l'appropriation et la distribution des terres sont des sources de conflits latents. Si on ajoute la valeur émotionnelle, voire mystique, de ce qui est un des fondements de la souveraineté nationale, on imagine aisément les risques d'explosion sociale lorsqu'elle tombe entre des mains étrangères.

Or ce problème est réel à l'échelle planétaire si l'on prend en compte l'importance des fonds spéculatifs et l'augmentation du coût des terres dans un monde qui, d'ici à 2050, devrait doubler sa production pour faire face notamment à l'accroissement de la population mondiale et à la demande des pays émergents. L'exploitation des ressources naturelles dans le seul souci de la rentabilité financière n'est pas propice au type de production qui préserve le stock minéral et organique des terres ou empêche les brûlis et la déforestation. Elle ne permet pas non plus l'utilisation judicieuse des engrais et des pesticides pour éviter les pollutions.

PACTE NÉOCOLONIAL

Elle n'encourage ni la coexistence entre " labourage et pâturage " ni la rotation culturale propice à la lutte biologique et aux restitutions des éléments nutritifs exportés par les plantes. Elle risque d'entraîner l'émergence d'un pacte néocolonial pour la fourniture de matières premières sans valeur ajoutée dans les pays producteurs et des conditions de travail inacceptables pour les ouvriers agricoles.

Il convient donc d'éviter un mauvais usage d'une bonne idée. Ces investissements étrangers directs dans l'agriculture devraient permettre de générer des emplois, des revenus et des aliments, tout en favorisant l'amitié entre les peuples. C'est pourquoi la FAO a engagé une réflexion sur les conditions de succès de partenariats internationaux dans la production alimentaire. Quelles garanties pour les deux parties, quels facteurs incitatifs ? Quel cadre juridique ? Quelles conditions de production, de commercialisation et de transformation des produits ? Quel contrat social pour les travailleurs ? Quels bénéfices économiques pour les Etats, les petits agriculteurs et le secteur privé ?

Il s'agira de répondre à ces questions, après une réflexion interdisciplinaire interne et des consultations d'experts dans les centres d'excellence sur ces questions, en vue d'organiser une discussion intergouvernementale dans le forum neutre qu'est la FAO. L'adoption, par consensus, d'un cadre référentiel international permettrait ainsi d'éviter les problèmes qui se profilent à l'horizon de la sécurité alimentaire mondiale et de tirer profit, avec le sens de la mesure, des opportunités de la demande agricole croissante. " Gouverner c'est prévoir ", tant au plan national qu'international.

Jacques Diouf

Directeur général de l'Organisation

des Nations unies pour l'alimentation

et l'agriculture (FAO)

© Le Monde

Et si les eaux montaient de 2 mètres...

24 septembre 2008




De 1 à 2 mètres et des lignes de côte complètement redessinées ? Ou juste quelques centimètres sans importance ? La question de la montée du niveau moyen des mers à l'horizon 2100 est une des plus discutées par les chercheurs. Début 2007, dans son rapport, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) plaçait entre 18 et 59 cm l'élévation la plus probable d'ici à la fin du siècle. Des travaux, dirigés par Tad Pfeffer (université du Colorado) et publiés début septembre dans la revue Science, concluent aujourd'hui que cette montée des eaux devrait être très supérieure : entre 80 cm et 2 m.

Pourquoi un tel décalage ? " Le dernier rapport du GIEC a été publié en 2007, ce qui veut dire que la science en a été figée en 2006, explique le climatologue Edouard Bard (Collège de France). Ce qui a été découvert depuis sur la lubrification de la base de la calotte glaciaire du Groenland - qui favorise le glissement et l'effondrement des glaciers dans la mer - et l'accélération de sa fonte n'a donc pas été pris en compte. Aujourd'hui, une majorité de spécialistes estime qu'une augmentation de 1 mètre en 2100 est le scénario le plus probable. "

S. Fo.

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