01/11/2011

Au G20, des avancées en matière de sécurité alimentaire


2 novembre 2011

MÊME SI LA CRISE de la dette risque d'éclipser les autres sujets à l'ordre du jour du sommet du G20, jeudi 3 et vendredi 4 novembre à Cannes, la sécurité alimentaire en sera l'un des points forts.
La présidence française a voulu faire de la question de l'accès à l'alimentation dans le monde l'une de ses priorités. N'hésitant pas à anticiper les décisions qui devraient être entérinées par les chefs d'Etat des plus grandes puissances économiques mondiales.
Le 15 septembre, l'Initiative internationale de recherche pour l'amélioration du blé (Iriwi), plateforme destinée à favoriser les échanges entre programmes scientifiques sur de nouvelles variétés de blé, a ainsi vu le jour à Paris. Le lendemain, à Rome, le Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS) et le Forum de réaction rapide ont été officiellement lancés.
La création de ces trois mécanismes avait été décidée les 22 et 23 juin, à Paris, lors d'une réunion des ministres de l'agriculture du G20 qui avait abouti à l'adoption d'un Plan d'action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l'agriculture.
" Devant l'urgence de la situation, il fallait que ce plan soit mis en oeuvre sans tarder ", assure Bruno Le Maire, le ministre français de l'agriculture. AMIS " vise à améliorer la transparence et l'information sur les marchés agricoles de quatre cultures majeures pour la sécurité alimentaire mondiale - blé, riz, maïs, soja - ".
Quant au Forum de réaction rapide, " il a pour but de promouvoir l'échange précoce d'informations-clés entre les décideurs politiques ", afin " d'accélérer la mobilisation internationale (...) en cas de difficultés sur les marchés agricoles ".
Parmi les autres mesures qui devraient être actées à Cannes : la mise en place de réserves alimentaires d'urgence dans les pays susceptibles de connaître une crise alimentaire ; l'exemption de l'aide alimentaire transitant par le Programme alimentaire mondial de toute restriction à l'exportation ou taxe exceptionnelle, règle qui pourrait être transposée dans ses textes par l'Organisation mondiale du commerce ; le renforcement des mécanismes de régulation des marchés des matières premières agricoles.
Volatilité des prix agricoles
Ce dernier point est l'un des plus sensibles, les organisations non gouvernementales (ONG) et représentants de la société civile réclamant la mise en place d'un dispositif de lutte contre la spéculation, accusée d'être l'une des causes de l'augmentation et de la volatilité des prix agricoles.
Le G20 devrait suivre l'avis de l'Organisation internationale des commissions de valeur, qui recommande de renforcer les pouvoirs des autorités de marché chargées d'empêcher les pratiques abusives, les superviseurs.
Si la majorité des ONG travaillant sur la sécurité alimentaire saluent les avancées contenues dans le plan d'action de juin, elles les estiment très insuffisantes sur un certain nombre de sujets. La constitution de réserves stratégiques de céréales, destinées à peser sur les marchés, est ainsi rejetée par la grande majorité des Etats.
Ni la question des biocarburants et de la concurrence que ceux-ci font peser sur les cultures alimentaires, ni celle des achats de terres par des investisseurs internationaux ne devraient être abordées à Cannes. " J'ai préféré avancer, plutôt que d'ouvrir des débats concernant des sujets sensibles sur lesquels il n'y aurait pas eu de consensus ", justifie Bruno Le Maire.
Gilles van Kote
© Le Monde

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