22/01/2010

Les Amis d'un Coin de l'Inde et du Monde : LACIM - Rejoignez-nous.

Si vous avez envie d'agir pour l'aide au développement dans les pays du Sud (Inde, Afrique sub-saharienne, Haïti, Amérique latine), rejoignez-nous dans une organisation non gouvernementale de taille moyenne, LACIM, qui accompagne des villages sur le long terme en apportant son soutien à un développement endogène. On vous confiera un jumelage avec un village dont vous aurez la charge. Avec des moyens très limité et votre amitié, vous améliorez considérablement le bien être de ces populations les plus pauvres de la planète.






13/01/2010

L'Afrique, à nouveau convoitée, cherche la voie de son rebond


14 janvier 2010

Pour l'Afrique, les années 1990 avaient été marquées par une terrible descente aux enfers. Livré à ses démons suite au désengagement des grandes puissances libérées de leur guerre froide, étranglée par une orthodoxie financière imposée par les pays riches, le continent avait vécu une longue plongée " au coeur des ténèbres ". Le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 s'était prolongé par une interminable guerre civile (1996-2002) dans l'immense Zaïre voisin (actuelle République démocratique du Congo, RDC).

Du Liberia à la Sierra Leone, des chefs de guerre mus par une folie meurtrière alimentée par les richesses du sous-sol avaient transformé des enfants en machines à tuer (1989-2003). Du Soudan à l'Angola et de la Somalie au Congo, l'Afrique était une mosaïque de guerres civiles pour le contrôle des ressources et du pouvoir. Dans de nombreux pays, la conquête du multipartisme, en exacerbant les rivalités ethniques, avait débouché sur la violence. Même la Côte d'Ivoire, vitrine de la France en Afrique, offrait le triste spectacle de l'éclatement sous les coups d'une xénophobie érigée en stratégie politique. Seule la fin de l'apartheid sud-africain (1994), elle aussi facilitée par la fin de la rivalité Est-Ouest, apportait une lueur d'espoir en offrant le spectacle du triomphe de la raison humaine.

A l'orée du XXIe siècle, le continent semblait aspiré par une spirale autodestructrice. Une décennie plus tard, nul ne se hasarderait à prétendre que le chaos appartient définitivement au passé. Il suffit de tourner les yeux vers le Soudan (Darfour et Sud-Soudan), vers l'est de la RDC, la Somalie, Madagascar ou la Guinée, pour constater que tous les feux sont loin d'être éteints. Il suffit de considérer les piètres indicateurs sociaux du continent : 52 ans d'espérance de vie, 37 % d'illettrés - pour se rappeler que l'Afrique demeure une planète à part.

Pourtant, il est difficile de nier que, aujourd'hui, le tableau a notablement changé. En Afrique même, d'abord, où, des Grands Lacs au Liberia, en passant par l'Angola et le Congo, les principaux conflits ont pris fin ou se sont apaisés. La victoire de Paul Kagamé au Rwanda, comme celle de Laurent-Désiré Kabila en RDC, de Denis Sassou-Nguesso au Congo ou d'Eduardo Dos Santos en Angola sont d'abord militaires. La chute de Charles Taylor au Liberia résulte à la fois de pressions internationales et de l'épuisement du pays, saigné à blanc.

Les premières années de la décennie 2000 auront été marquées par un réveil lent, inégal, incertain, mais manifeste. Certes, la carte de l'Afrique démocratique reste étriquée. Hormis l'Afrique du Sud, seuls des pays comme le Ghana, le Bénin ou le Mali apparaissent comme des démocraties à peu près établies et apaisées. Même au Sénégal, pays qui, en 2000, avait offert à l'Afrique sa première alternance politique pacifique, la pratique démocratique s'est étiolée. Ailleurs, les élections qui ont suivi les conflits civils ont débouché sur une démocratie de façade qui masque la domination d'un homme fort prêt à tout pour la conserver, y compris en changeant la Constitution à sa guise, en achetant des voix ou en restreignant les libertés.

Une génération nouvelle de dirigeants a émergé, ici et là, sans qu'aucun puisse être considéré sérieusement comme une figure exemplaire par la population du continent : un milliard d'hommes et de femmes dont 43 % (au sud du Sahara) ont moins de 15 ans.

Le retentissement qu'a eu en Afrique l'élection de Barack Obama, dont le père était un émigré kényan, confirme le besoin inassouvi des Africains de reconnaissance et leur manque de figure emblématique. Considéré à tort par les Africains comme l'un des leurs, le président américain a comblé, un temps, une partie de la frustration des foules du continent.

Dans le monde aussi, le statut de l'Afrique a changé. De continent ignoré et maudit, il est devenu en ce début de XXIe siècle l'un des lieux les plus convoités de la planète. La Chine, dont les investissements en Afrique ont été multipliés par 15 entre 2003 et 2008, a, la première, donné le signal de cette ruée sur les matières premières, entraînant d'autres pays émergents comme l'Inde et le Brésil.

L'Afrique représente moins de 2 % du commerce mondial, mais, en diversifiant ses partenaires, elle est sortie de son tête-à-tête malsain avec les anciens colonisateurs. Les Américains, soucieux de diversifier leurs approvisionnements pétroliers et de lutter contre le terrorisme, ont eux aussi réinvesti le continent au cours de la dernière décennie.

Curieusement, la France, pourtant très marquée par des siècles d'histoire commune, tarde à rénover ses liens avec l'Afrique et à moderniser les instruments d'une présence contestée. Il est vrai que les Africains lui reprochent, de façon contradictoire, tantôt sa passivité, tantôt son interventionnisme, comme pour prolonger une histoire franco-africaine faite d'amour et de haine.

Il est trop tôt pour savoir si les artisans africains du " rebond " sauront tirer à leur profit la concurrence que se font désormais de nombreuses puissances pour les séduire. Ou si, comme on le voit à travers certains contrats léonins signés pour l'accès aux ressources du sous-sol, ou avec l'achat massif de terres par des sociétés asiatiques, la nouvelle ruée sur l'Afrique va prendre, cinquante ans après les indépendances, les allures d'une nouvelle colonisation.

Philippe Bernard

Service international

04/01/2010

Thomas SANKARA

















Je ne peux être un passionné de l'Afrique sans m'être intéressé de pres à Thomas SANKARA, sans le citer dans mes discours ou mes écrits.
Je découvre le site qui lui est dédié et souhaite donc vous le faire connaittre : http://thomassankara.net/


14/12/2009

Rien ne va plus avec la France

Au Togo, en Guinée et au Mali, les autorités locales acceptent de moins en moins les interventions françaises. Une situation qui pourrait prendre un tour plus violent, prévient un hebdomadaire malien.

14.12.2009 | A. Dramé |
Kofi Yamgnane est franco-togolais, candidat à l’é­lection présidentielle du 28 février 2010, et surtout principal rival du président sortant Faure Eyadema. Début décembre, ce dernier a vu d’un très mauvais œil la drôle d’amitié que le premier secrétaire de l’ambassade de France entretenait avec son plus redoutable rival dans la perspective du scrutin. Ingérence ou partialité ? Le régime d’Eyadema ne s’est pas posé mille questions : il a expulsé le diplomate. Paris a joué la carte de la réciprocité et tenté maladroitement, par presse interposée, de rapprocher l’origine bretonne de son protégé Eric Bosc avec le fait que Kofi Yamgnane, secrétaire d’Etat à l’Intégration sous François Mitterrand, soit aujourd’hui député du Finistère, et ainsi justifier l’amitié entre les deux hommes. L’argumentaire était plutôt bien conçu. Mais qu’a donc fait Paris du devoir de réserve ?

En Guinée, la junte reproche à Bernard Kouchner d’avoir commandité la tentative de coup d’Etat contre Dadis Camara. Idrissa Chérif, ministre de la Communication guinéen et proche conseiller de celui qui a été porté au pouvoir par l’armée il y a un an, a formellement accusé la France de Nicolas Sarkozy. “Il y a trois jours, Bernard Kouchner a reçu Alpha Condé [principal opposant politique]. Ensemble, ils ont appelé Mohamed Ibn Chambas [président de la Commission CEDEAO] pour lui demander de faire des déclarations et de prendre des contacts avec l’intérieur de la Guinée, afin de préparer un coup d’Etat”, a-t-il déclaré. Naturellement, l’accusé a nié, affirmant : “Nous dé­men­tons énergiquement ces rumeurs. Il n’y a pas de temps à perdre en polémiques stériles… Les efforts doivent porter sur les élections, que le peuple guinéen attend. C’est cela la priorité, et c’est aussi l’attente de la communauté internationale.” L’incertitude demeure donc…

Au Mali et au Niger, après l’enlèvement au Mali, le 25 novembre, de Pierre Camate, le ministère français des Affaires étrangères et européennes a demandé “aux Français présents au nord et à l’est de quitter im­médiatement la zone et de regagner Bamako sans délai, ainsi qu’à ceux qui envisageaient de s’y rendre de renoncer à leur déplacement”. Dans le genre cinglant, la réaction du président malien Amadou Toumani Touré ne s’est pas fait attendre. “Il n’y a pas plus d’insécurité au nord du Mali que dans certaines banlieues françaises ! a-t-il déclaré. Les villes et les régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal sont des zones sécurisées où les visiteurs peuvent rester et se déplacer sans risque…”

Une politique qui a assuré la pérennité de son “pré carré”

“L’enlèvement de Pierre Camate est un acte isolé qui peut se produire partout”, a renchéri son ministre chargé de l’Industrie et du Tourisme. Il s’agit, en clair, selon les autorités maliennes, d’une insécurité résiduelle. Celles-ci ne comprennent pas pourquoi la France n’a pas lancé d’avertissement à ses ressortissants lorsque le ministre des Affaires étrangères malien a déclaré officiellement devant les di­plomates accrédités au Mali – dont celui de la France – que le nord de son pays était en passe d’être envahi par des terroristes. En somme, les Maliens sont désormais nombreux à croire que le non du président Amadou Toumani Touré face à l’“Accord de partenariat sur la migration concertée et le développement solidaire” est passé par là.

Qu’est-il advenu de la diplomatie, voire de l’ingérence secrète de la France en Afrique, cette politique qui a jusque-là assuré la pérennité de son fameux “pré carré” ? On voit aujourd’hui un diplomate qui flirte dangereusement avec un opposant politique, un ministre des Affaires étrangères qui, oubliant les fortes tensions dans le pays (Guinée), s’amuse à faire des déclarations incendiaires, un ministère qui joue aux alarmistes dans une région où le retour de la paix entre factions rebelles et gouvernement tarde à se faire… La même attitude en Côte-d’Ivoire a eu comme conséquence le gel des relations diplomatiques entre les deux pays. L’Histoire peut-elle se répéter ailleurs ? Dans son ouvrage La Crise en Côte-d’Ivoire : dix clés pour comprendre (éd. La Découverte), Thomas Hofnung écrit : “La France a toujours été partie prenante, manipulatrice ouverte et subtile de la scène politique ivoirienne pour des raisons économiques, politiques et stratégiques. Elle a soutenu très fortement Houphouët-Boigny, Ouattara et Bédié pendant de longues décennies et façonné le développement économique ivoirien pour qu’il lui profite. Sur le plan de la politique extérieure, la Côte-d’Ivoire fut un pion majeur dans la politique africaine de la France, avec un rôle plutôt négatif pour le développement économique à long terme et pour la création et la consolidation d’institutions démocratiques viables dans la région. La France a souvent étouffé les velléités d’émancipation politique des Ivoiriens en soutenant Houphouët-Boigny sans retenue, ce que les Patriotes* de Laurent Gbagbo dénoncent avec véhémence.”


* Animés par un fort sentiment antifrançais, ces jeunes partisans de Laurent Gbagbo ont été à l’origine de violentes émeutes à Abidjan en 2004.

03/12/2009

L'argent ne fait pas le bonheur. Cherchez plutôt du côté de la famille ou des amis !


29 novembre 2009

En ces temps de crise, d'épidémie de grippe A et de souffrance au travail, les Français sont-ils malgré tout heureux ? Leur " indice de bonheur intérieur brut ", ou BIB, mesuré par le magazine Psychologies dans son édition à paraître le 4 décembre, s'élève à 21, sur une échelle dite de Diener, couramment utilisée par les psychiatres, qui va de 5 à 35. Ils sont plus nombreux à se dire satisfaits de leur existence (57 %) qu'insatisfaits (38 %) : 25 % se déclarent " assez satisfaits ", 27 % " satisfaits " et 5 % " extrêmement satisfaits ", selon un sondage TNS Sofres-Logica effectué sur Internet auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 personnes, du 2 au 6 octobre.

Les deux piliers du bien-être subjectif sont le sentiment d'être intégré et celui d'avoir la maîtrise du cours de son existence. Les 65 % des sondés, qui jugent leur situation personnelle " meilleure que celle de l'ensemble des Français ", ont un indice de bonheur de 23, au lieu de 17 pour les autres. Les 50 % de bienheureux qui ont le sentiment de contrôler leur existence bénéficient d'un BIB de 25, contre 18 pour les autres. Alors que le débat sur l'identité nationale fait rage, les Français manifestent un attachement moyen (7,7 sur une échelle de 1 à 10) à leur pays. Les moins attachés sont les plus satisfaits : indice de 24.

Plus heureux en couple

Les éléments constitutifs du bonheur sont, par ordre décroissant, les enfants, la santé, le couple, les parents, le cadre de vie, les amis. L'argent ne fait que modérément le bonheur puisqu'il n'arrive qu'en septième position ! Quant à la valeur travail, elle n'apparaît qu'à la huitième place. D'ailleurs, les notions de " changement ", de " risque " et de " compétition ", couramment associées au monde du travail, arrivent tout en bas sur l'échelle des valeurs, où domine le " respect ".

On vit plus heureux en couple que seul. Le BIB monte à 23 pour les personnes mariées, il n'est que de 20 pour les célibataires et de 17 pour les divorcés. Le couple est une valeur essentielle : 71 % des sondés pensent qu'ils vivront toute leur vie avec la même personne - ces optimistes ont un indice de béatitude de 23 alors que ceux qui pensent le contraire ont un score de 19. Si " le couple et les amours " sont deuxièmes sur l'échelle des ingrédients du bonheur, la sexualité n'arrive qu'en neuvième position. Ceux qui n'ont quasiment pas de relations sexuelles ont un indice d'euphorie (20) presque identique à ceux qui en ont " au moins plusieurs fois par mois " (22)...

Et la santé dans tout ça ? Ceux qui y font attention (84 %) sont plus heureux que les autres. A condition tout de même de ne pas se priver : ceux qui ne consomment jamais d'alcool sont moins gais (20) que la moyenne.

Une majorité de Français (58 %) s'estiment heureux au boulot et n'ont pas envie de changer de travail. Ce n'est pas une grosse surprise, les personnes interrogées qui ont des amis sont plus heureuses que celles qui n'en ont pas (BIB de 23 contre 20).

A l'heure où la commission présidée par l'Américain Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, recommande d'intégrer des données subjectives et qualitatives dans le calcul du produit intérieur brut (PIB), le magazine Psychologies apporte sa pierre avec son nouveau BIB.

Rafaële Rivais

© Le Monde